ORKES KAROUSEL "LES CUIVRES DE L'EST" en compagnie de miss Réunion 2012 aux Seychelles
ORKES KAROUSEL "LES CUIVRES DE L'EST" en compagnie de miss Réunion 2012 aux Seychelles

Des Cuivres de l’Est à l’Orkès karousel !

 

L’association culturelle des Cuivres de l’Est – qui deviendra plus tard l’Orkès Karousel – est née en 2005, à l’initiative de Jean-François Mandrin. Saxophoniste à la scène, prof de sport à la ville, ce fondu de musique en cuivre ne pouvait se résoudre à voir disparaitre la tradition des orchestres de cuivre à la Réunion. Une poignée de formations subsiste encore dans l’île, Jean-François veut créer la sienne pour donner un nouvel allant à ce genre qui fut autrefois un pilier du patrimoine musical réunionnais.

Dès 2004, il contacte quelques amis musiciens qui avaient laissé tomber l’instrument depuis belle lurette. Le bouche-à-oreille fonctionne. Chacun dépoussière son instrument et retrouve des sensations d’adolescent. Ceux qui avaient renoncé se mettent de nouveau à espérer et une belle brochette de gramouns se greffe finalement sur le projet.

Le groupe fait ses premiers pas en 2005. L’épopée musicale se double d’une belle aventure humaine. Partout où elle passe, la formation suscite un formidable engouement populaire. A sa manière, elle participe au renouveau des mariages lontan que les musiciens accompagnaient autrefois en cortège.

Pour faire connaitre aux plus jeunes cette culture particulière, l’orchestre se produit dans les écoles primaires. Pour redonner le sourire aux anciens, il se lance aussi dans un drôle de projet : faire le tour des communes de l’île et proposer des pique-niques musicaux en association avec les clubs du troisième âge. Totalement bénévole, l’opération connait un réel succès. Les anciens montent sur scène pour des bœufs endiablés. Les dépressifs retrouvent leur joie de vivre, les souffreteux leur souffle et les rhumatisants leurs jambes de vingt ans ! Une vraie séance de thérapie musicale, qui redonne à beaucoup d’anciens une place qu’ils pensaient avoir perdu dans la société.

La formation, dont la démarche rappelle celle d’un « Buena vista social club » à la sauce créole, est vite repérée hors de ses frontières. Le groupe est invité en 2007 à Glomel (Bretagne) pour les « Rencontres internationales de la clarinette et des musiques en cuivre ». L’occasion d’un jumelage avec une fanfare locale, qui rendra la politesse l’année suivante à la Réunion.

Dans la foulée, les Cuivres de l’Est se rebaptisent en « Orkès Karousel », histoire de ne plus être confondus avec les fanfares européennes des pays de l’Est. Les dates s’enchaînent et les projets se multiplient : invitation au festival Africolor 2009 en Seine-Saint-Denis, tournée à venir au Brésil, projet de tournée à la Réunion avec un carrousel retapé par des artisans locaux, bientôt un disque, puis un DVD…

En outre, Jean-François Mandrin et ses dalons nourrissent un autre ambitieux projet : monter l’Orchestre de Cuivre de la Réunion pour un concert-événement au Théâtre en plein air de Saint-Gilles. L’aventure continue !

 

Les orchestres de cuivre : toute une histoire !

Les orchestres de cuivre trouvent leur origine dans les fanfares royales qui connurent leur apogée en Europe dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. Les cuivres détrônent alors les instruments traditionnels (cornemuse, flute…) pour donner naissance à des orchestres militaires essentiellement formés d’une vaste section cuivre et de quelques percussions.

A la Réunion, les premiers orphéons du genre apparaissent vers 1830. Ils se déclinent en fanfares militaires et harmonies municipales qui ponctuent les cérémonies commémoratives en grande pompe. Rapidement, pourtant, les musiciens formés dans ces ensembles donnent à leur jeu une dimension plus débridée. Partout dans l’île, on les sollicite pour animer les mariages et les fêtes populaires au son des musiques de danse européennes : quadrilles, valse, polka, boléro…

L’arrivée des premiers carrousels dans l’île leur donne une autre opportunité d’évoluer. La musique emprunte alors au répertoire du bal musette et s’enrichit de nouveaux genres : séga, chachacha, tango, variété…. Les morceaux durent le temps d’un tour de manège. Et la section cuivre s’accompagne de nouveaux instruments au gré des opportunités : saxophone, accordéon, harmonica, banjo… Les « Orkès Karousels » sont nés !

Jusqu’aux années 1950, ils connaitront une longue période de gloire et prendront une place centrale dans le patrimoine musical réunionnais. Véritables Big bands créoles où viennent se métisser toutes les cultures de l'océan Indien, ils vont pourtant décliner lentement sous les coups de boutoir conjugués de la musique amplifiée, des guitares électriques et du disque enregistré.

Autrefois innombrables, il n’en reste plus guère qu’une poignée. Une raison supplémentaire de soutenir les quelques passionnés qui tentent de perpétuer la tradition et, pour certains, de la relancer !